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QUESTION

Le 11 juillet 2013, 01:05 dans Humeurs 12

Au gré de mes sorties, je dois répondre à des questions ou entendre des réflexions qui, quelquefois, me font sourire ou essayer de ne pas céder à l'agacement. Souvent, quand on ose enfin me dire tout simplement "Bonjour !", inévitablement je remarque une expression gênée, presqu'apitoyée se dessiner sur le visage de mes interlocuteurs.

-"Oh ! ma pauvre, tu es en fauteuil roulant ..."

Là, je leur réponds avec un grand sourire :

"Mais non, je ne suis pas plus pauvre que quelqu'un d'autre, et en plus je ne dois rien à personne. Et oui, je me balade en fauteuil roulant.

Et toi, comment tu vas ?"

"Bien ! Dis-moi, comment tu as fait pour te retrouver en fauteuil roulant ?"

Enfin ! Voilà quelqu'un qui a le courage de poser LA question.

A moi de répondre. Et aujourd'hui, je suis d'humeur taquine.

"L'année dernière, j'ai dîné dans un bon restaurant avec des anciens copains d'études et pour renouer, nous nous y étions donné rendez-vous. Nous avons passé d'agréables moments à nous rappeler de bons vieux souvenirs. Nous avons bien ri, bien mangé, beaucoup bu. Surtout beaucoup bu.

 

Tard dans la nuit, chacun s'en est retourné chez soi en se promettant de se rappeler et de se revoir.

J'ai pris ma voiture Je me sentais bien, mais bien !!! Durant le trajet, je me remémorais les bons moments de cette soirée. Quand tout à coup ... Un arbre s'est retrouvé au milieu du chemin, comme ça, sans crier gare ... Il n'a pas voulu me céder le passage. C'est lui qui a gagné. Je m'en étais rendu compte en me réveillant dans un lit à l'hôpital.

Et voilà pourquoi je ne peux plus marcher".

A cet instant, je manque d'exploser de rire devant l'air étonné, perplexe de la personne qui ne sait plus quelle position adopter.

Je décide de mettre fin à son tourment :

"Mais non ! Je rigole ! J'ai juste une Sclérose En Plaques !"

A ce moment-là, mon interlocutrice, visiblement soulagée, rétorque :

"Ah bon, ce n'est que ça ! Pourtant, on ne dirait pas, On ne voit aucune plaque sur toi ...Tu vas bientôt aller mieux, j'en suis sûre."

J'ai préféré me taire.

Visiblement, elle ignore tout de quoi est capable mon squatteur.

J'ai donc pris la décision de parler des instants que je partage avec SEP.

 

 

M'dam Hémipl

Le 12 juin 2013, 17:47 dans Humeurs 11

AVERTISSEMENT

 

Cette histoire est inspirée de faits réels. L'auteur tient à préciser que ce cas est une exception qui confirme les règles. Les auxiliaires de vie, les aides à domicile sont des personnes méritantes qui exercent leur métier PAR VOCATION et n'ont pas leur pareille pour tout mettre en oeuvre afin d'assurer le confort et le bien-être des personnes dont elles (et aussi ils) ont la charge. L'auteur : Mamounette68

 

 

M'dam Hémipl.

 

 

Le réveil vient de sonner. Il arrache de son sommeil M'dam Hémipl. Elle regarde l'heure : déjà 9 heures, ELLE ne devrait plus tarder.

ELLE, c'est l'auxiliaire de vie qui vient tous les jours depuis sa sortie de l'hôpital où elle est restée pendant 3 mois à cause d'une embolie pulmonaire, une sorte d'AVC qui l'avait paralysée, au point de ne même plus pouvoir manger sans aide. C'était il y a 3 ans. Comme si la SEP (Sclérose En Plaques), déjà installée depuis 5 ans, ne suffisait pas ! Mais maintenant, ça va mieux, beaucoup mieux, même si l'aide ne veut pas l'admettre.

Ah ! La voilà enfin ! Encore en retard ... Pourtant ELLE habite tout près d'ici. Même pas l'excuse de la grève du Métro pourrait expliquer son retard. M'dam Hémipl préfère garder le silence. Sinon, elle devrait encore subir un long monologue plus ou moins cohérent, déprimant. En voici un petit exemple :

"Vous vous rendez compte, je suis malade, M'dam Hémipl. Si je me lève, c'est bien pour vous."... (Peut-être voulait-elle faire naître un sentiment de culpabilité, mais l'effet escompté ne prend plus depuis longtemps déjà.)

ELLE salue d'une voix haut perchée :"Bonjour M'dam Hémipl ! Je suis un peu en retard !"

Un peu en retard ... Ouais ... ! Un peu beaucoup, oui !

M'dam Hémipl répond, mais sa voix est couverte par les aboiements de sa meute.

"Et bien alors, M'dam Hémipl ! Elle ne répond pas, M'dam Hémipl !"

ça y est, elle recommence !

"Si ! j'ai répondu !"

"Ah ... Alors, elle a pris ses médicaments, M'dam Hémipl ?"

Ben oui, elle les a pris ses médicaments ! Elle doit les prendre à 9 heures pile. C'était il y a une demi-heure. ELLE n'avait qu'à être à l'heure.

"Ah ... Alors ! elle veut boire quelque chose, M'dam Hémipl ?"

Tant qu'à faire ... oui.

"Je lui donne quoi à M'dam Hémipl ? Un café ?"

Ben oui, comme tous les matins depuis 3 ans.

"Combien de sucres, M'dam Hémipl ?"

Ben, comme d'habitude, m'enfin ...

Tous les matins, c'est le même interrogatoire ponctué des sempiternels "M'dam Hémipl.". C'est lassant . M'dam Hémipl demande à son aide d'arrêter de la nommer comme ça à tout bout de champ. Il n'y a personne d'autre dans la pièce.

Vexée, ELLE se dirige vers la cuisine pour laver la tasse et la petite cuillère à grande eau. Bigre, ça se voit que ce n'est pas ELLE qui paie la facture.

Pendant ce temps, M'dam Hémipl, qui a fait beaucoup de progrès grâce à sa kinésithérapeute, effectue son transfert de son lit vers son fauteuil roulant, quand tout à coup, l'aide surgit et s'écrie :

"Non mais, non mais, M'dam Hémipl ! Il fallait m'attendre, M'dam Hémipl ! Plus de ça avec moi, M'dam Hémipl !"

Laquelle ne répond pas et termine avec succès la manoeuvre.

Soudain, cerise sur le gâteau, ELLE applaudit à tout rompre et s'écrie : "Bravo ! M'dam Hémipl ! Elle a réussi à se mettre dans son fauteuil toute seule, M'dam Hémipl ! Mais la prochaine fois, il faudra m'attendre M'dam Hémipl !"

Après avoir été applaudie comme Bozzo le Clown, voilà qu'elle se fait réprimander comme une gamine. Elle regarde l'auxiliaire qui pourrait avoir l'âge de sa fille. Et puis ZUT ! ce n'est pas marrant d'attendre.

D'accord, la dame est là pour aider, mais de là à décider ce que sa "cliente" a le droit ou non de faire. Il y a de l'abus, là. M'dam Hémipl a de plus en plus l'impression de ne plus vivre chez elle. Et c'est très frustrant.

L'heure tourne. Il est déjà 10 heures. Rien n'est fait, tout est à refaire. M'dame Hémipl se dirige vers la salle de bains.

"Et bien et bien, elle va où, M'dam Hémipl ?"

M'dam Hémipl, elle va faire sa toilette. Quoi y faire d'autre ?

"Ah non ! M'dam Hémipl ! c'est à moi de le faire, M'dam Hémipl !"

Cette fois-ci, la M'dam en question se rebelle. Ben non ! Elle va se laver toute seule, comme une grande, non ! elle va s'habiller toute seule avec les habits qu'elle se sera choisis. Comme ça, pendant ce temps-là, Madame l'auxiliaire mettra un peu d'ordre et tout le monde pourra rapidement sortir et profiter du beau temps.

La proposition est acceptée à contre coeur et pour une fois, tout se passe comme il faut. Du moins au début. La toilette terminée, M'dam Hémipl, toute heureuse, retourne au salon et oh déception ! surprend l'"aide" en grande conversation avec son portable, confortablement installée sur le canapé avec, à ses côtés, le balai qui attend lamentablement qu'elle veuille bien s'occuper de lui. De guerre lasse, M'dam Hémipl met les harnais à ses chiens et entreprend de sortir. Elle est déjà devant l'ascenseur quand madame daigne arriver :

"Il ne fallait pas, M'dam Hémipl !"

Et si, il le fallait ! Assez de devoir attendre le bon vouloir de quelqu'un qui veut lui faire croire qu'il est indispensable, qui refuse d'accepter que sa "cliente" ose prendre une intiative. La cliente est handicapée, malhabile, certes mais pas impotente, ni débile. Elle pousse le fauteuil. Heureusement que les chiens, tout heureux de mettre la truffe dehors, sont là pour rendre le sourire à M'dam Hémipl qui ressent la mauvaise humeur de son aide qui, visiblement est contrariée.

La promenade n'aura pas duré longtemps. C'est normal, si on tient compte du retard, de la longue conversation téléphonique. Il ne faut surtout pas qu'ELLE quitte son poste trop tard. Il faut respecter les horaires, n'est-ce-pas ...

M'dam Hémipl fait le point de la matinée mentalement et réalise qu'entre 9 heures et 13 heures, son auxiliaire de vie est arrivée en retard, a téléphoné, "promené" sa "cliente" brièvement, en s'impatientant quand les chiens faisaient des pauses au pied des arbres, alors qu'elle-même a attendu l'arrivée de la retardataire, a pris ses médicaments, fait sa toilette, préparé les chiens, sans oublier de signer la feuille de présence. Il ne faut pas la donner en retard si on veut que la paie soit virée à temps.

Voilà le déroulement type d'une matinée que M'dam Hémipl subit ...

Aussi, le jour où elle a reçu le courrier de la MDPH lui signifiant qu'elle ne bénéficierait plus de l'aide d'une tierce personne, quelle a été sa réaction à votre avis ?

 

avec :

 

M'dam Hémipl...............................................................Mamounette

 

ELLE...................................................................son auxiliaire de vie

 

La meute.......................................................Les chiens CANA et SOHO

 

PARIS

12 juin 2013

SURPRISE

Le 4 juin 2013, 21:09 dans Humeurs 6

 

Le facteur vient de passer.

Tiens,tiens, j'ai du  courrier ...

 

Ne nous leurrons pas, ce n'est certainement pas un message d'amour (faut pas rêver). Comme tout le monde, je suis victime d'Internet.

 

Cela ne peut être qu'une facture. Allez ! je me décide d'ouvrir l'enveloppe et ... gagné ! c'est une facture ! Aïe ! une facture d'eau en plus ! Mais pas une facture comme les autres. Jugez par vous-même : chat

 

Il a été procédé au relevé de vos compteurs d'eau ... Cependant, compte tenu des acomptes qui vous ont été facturés et qui viennent en déduction des montants qui vous ont été facturés ... etc ... etc ... , c'est la somme de 21,11 E qui vous sera remboursée sur votre prochain avis d'échéance.

Remboursée ! Je suis remboursée !

création/animation d'Alice : trop contente

 

Et pourtant, depuis que je suis livrée à moi-même, la vaisselle est faite tous jours, idem pour les sols. La machine à laver fonctionne au même rythme. Je suis propre comme un sou neuf tous les jours.

J'ai du mal à comprendre, parce que depuis juillet 2010, la facture s'élevait de 15 à 30 E, augmentant d'autant le montant de l'échéance à venir : soit je suis radin, soit .. je n'ose même pas formuler le fond de mes pensées.

 

L'aide que les services sociaux avaient envoyée était gentille. Plus j'y réfléchis, plus moins j'ose comprendre ...

Allez ! Trève de réflexion !

Je préfère profiter de la joie que m'a offert cette facture et ce, sans arrière-pensée aucune.

bisous

 

 

 

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