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TRACASSERIE ADMINISTRATIVE

Le 31 mai 2013, 02:02 dans Humeurs 8

J'ai reçu à la fin du mois de mars un courrier de la MDPH qui m'informait que, dès le 1° avril, je ne bénéficierais plus des droits d'aide à la personne. Pourtant, j'avais bien retourné tous les documents en temps voulu. Malgré mes appels, la décision est tombée comme un couperet. Finies les interventions des aides à domicile, auxiliaires de vie ! Malgré la date, un 1° avril, ce n'était pas une blague ou alors une mauvaise blague.

Non, ce n'était pas une bonne journée sur le coup. Je me demandais comment j'allais me débrouiller. J'avais perdu l'habitude de tout faire par moi-même. C'est un peu normal, parce que les services sociaux avaient décidé qu'il fallait absolument que quelqu'un soit à mes côtés pour m'aider. Je pensais que c'était une bonne chose pour moi et j'avais accepté de signer un contrat valable de juillet 2010 jusque fin mars 2013. Ainsi, tous les matins, une dame venait pour me seconder dans toutes les tâches quotidiennes. Je la respectais, car avant d'avoir été terrassée par SEP, j'avais pour mission de me rendre chez des personnes malades, souvent atteintes par la maladie d'Alzheimer, pour les soigner, veiller à ce qu'elles prennent bien leurs médicaments, qu'elles n'oublient pas de manger le repas que je leur avais préparé, rendre leur maison plus agréable à vivre, faire en sorte que les membres de leur famille soient "soulagés" du poids qui pesait sur leurs épaules. Parce que c'est vrai, ce n'est pas facile d'appréhender ce genre de problème. J'aimais bien ce que je faisais.

Tout ça pour dire pourquoi je respectais la personne qui venait chez moi quotidiennement. Même si souvent j'avais tendance à déprimer. Surtout que mes filles rechignaient à venir me rendre visite. Je leur avais demandé pourquoi et elles m'ont avoué qu'elles se sentaient gênées. Elles n'osaient plus me parler ouvertement devant elle. Je dois avouer que ce n'était pas toujours possible de parler à bâtons rompus comme avant. De plus, elle ne me laissait pas prendre l'initiative d'essayer de faire quoi que ce soit. Il a fallu que je bataille pour qu'elle me laisse faire ma toilette toute seule. Je n'avais même pas le droit de  sortir mes chiens quand je le souhaitais. ELLE M'AVAIT RENDU DEPENDANTE.

 

Donc, le 1° avril, il a bien fallu que je me prenne en mains. Je doutais de moi, parce que je n'avais jamais eu l'opportunité de prendre seule mes médicaments, de faire le transfert du lit au fauteuil roulant et inversement, sans oublier le ménage, la promenade des chiens ... Ma petite dernière était bien présente, mais quand même, elle a le droit de mener sa vie, la pitchounette !

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C'est ce que je me suis dit ce 1°avril.

 

 

Quand le réveil a sonné, j'ai pris mes médicaments, et sans me tromper s'il vous plaît ! Pour quitter mon lit, j'ai mis en application ce que j'avais appris pendant mon parcours professionnel. Et ça a marché ! Idem pour me rendre

à la salle de bainsBain diddl, à la cuisine.Cuisine gif Cuisine micro-ondes gif

J'ai même réussi à balayer du haut de mon trône !

Ménage Cendrillon gif

C'est sûr, j'ai galéré et j'ai piqué une bonne suée.

 

Inutile de dire que j'ai passé une bonne nuit.

Fatigué Garfield repos gif

Tous les jours, j'ai repoussé un peu plus mes limites et je reconnais avec joie que je suis capable de me débrouiller. Je ne suis plus obligée de river mon oeil sur la pendule. Je peux passer mes journées à ma guise, sans que personne ne m'interdise de faire quoi que ce soit. Je me suis rendue compte que je peux vivre normalement. Bref, JE ME SENS REVIVRE !

Ose gif scintillant

 

SOHO

Le 24 mai 2013, 00:30 dans Humeurs 6

 

J'aime me promener sur le marché. Surtout avec ma fille et, bien sûr, avec ma petite chienne Cana.

 

Depuis que j'ai gagné ma bataille contre l'AVC, qui m'a offert une magnifique embolie pulmonaire, toutes les occasions sont bonnes pour aller "traîner".

J'attends avec impatience le vendredi, parce que c'est LE jour du marché. Je suis réveillée et prête plus tôt que d'habitude. Vite, vite ! il faut installer le sac à provisions sur le dossier de mon char d'assaut, enfiler le harnais à Cana, nous préparer, ma fille et moi, et surtout, ne pas oublier le porte-monnaie et en route la troupe !

Pendant le trajet, ma fille fait le chauffeur, pendant je tiens les rênes de mon fauve. Il en faut de la poigne ! Cana tire comme une forcenée, se propulse vers les arbres (ses "pipi-rooms"), s'y arrête net pour repartir de plus belle. C'est tout un sport, les promenades avec elle. Il faut assurer, me direz-vous, parce que si je lâche prise, la miss prendrait la poudre d'escampette, et ce serait une partie de course poursuite, dans le style :

Cana prend son élan, traverse la foule (et oui, on se balade sur le boulevard de Ménilmontant !), poursuivie de près par une Mamounette rouge de confusion qui encourage sa fille : "Allez ! Vas-y ! Pousse ! Pousse !" et qui s'époumonne : "Reviens Cana ! Reviens !" ... Ouh ! le cauchemar .....

Mais penser que cela pourrait se passer comme ça serait loin de la réalité ...

Et oui ! Dès que la laisse s'échappe de mes mains, Cana, qui ne sent plus de résistance, marque un temps d'arrêt et ... revient sur ses pas, attend que je la ramasse, et c'est reparti pour un tour. Pas étonnant que mes bras se musclent. Et c'est tant mieux, parce que j'en ai besoin de mes bras.

Quand on arrive sur le marché, ma furie se calme.

Je connais presque tout le monde et c'est bien agréable de parler de tout et de rien, mais pas de ma maladie. C'est un des rares endroits où j'oublie que je suis handicapée et ça me fait un bien fou. Je suis comme tout le monde. Je fais mes achats, je plaisante avec le fromager. Le traiteur aussi est sympathique. Là où je préfère m'arrêter, c'est chez le maraîcher. Il est marrant. On l'entend crier de loin : "1 euro les bananes, 1 euro !". Ses fruits sont bons, ses légumes frais et surtout pas très chers. J'en profite pour faire le plein pour la semaine.

Un jour, le maraîcher me demande si je connaissais quelqu'un qui serait prêt à adopter un petit chien. Il m'explique que son voisin venait de décéder et que sa veuve veut se débarasser de son chien. Elle ne s'en occupe pas et c'est le maraîcher qui sort la pauvre bête après son travail. J'accepte de prendre la relève et il me présente une boule de poil hurlante, les yeux exhorbités. Franchement, quand je l'ai vu, il m'a fait penser à un poisson chinois, un de ceux qui ont de grandes nageoires et des billes à la place des yeux. Rien à voir avec Cana.

Ce jour-là, j'ai ramené en plus de mes achats, un Spitz. Sur son passeport, j'ai vu qu'il avait à peu près le même âge que celui de Cana. Son maître en avait l'acquisition dans un élevage en Irlande. Il l'avait baptisé Sosso. Nous avons tranformé son nom en Soho auquel il répond mieux. J'ai essayé de le faire adopter. Tout le monde le trouvait mignon, tout le monde le voulait, mais curieusement, personne ne voulait s'en occuper. Après trois essais, j'ai décidé de le garder.

Au début, c'était un peu compliqué. Cana faisait la tête. Elle devait sûrement avoir peur que je la délaisse. Pendant quelques jours, l'ambiance était tendue. Cana est une dominante et Soho a un sale caractère. J'ai souvent dû faire l'arbitre pour calmer le jeu. Maintenant ils ne peuvent plus se passer l'un de l'autre.

Soho était tout maigre et peureux. Maintenant, il a repris du poil de la bête.

Désormais, c'est accompagnée de mes deux chiens que je vais sur le marché et je vais directement voir le maraîcher pour qu'il puisse revoir son Sosso, comme il dit.

Grâce à Soho, je me suis fait un ami de plus.

 

SOHO

 

 

 

 

 

Et en second rôle : AVC

Le 14 avril 2013, 04:16 dans Humeurs 18

 

SEP s'était bien installé chez moi, et bon gré mal gré, j'ai accepté de faire bon ménage avec cet hôte indésirable. Il ne faisait rien d'autre que m'empêcher de vivre tranquillement. Je l'avais toujours en tête, plutôt dans ma tête. Et là, il s'en est donné à coeur joie et il n'a pas l'intention de s'arrêter en si bon chemin. C'est un virus qui s'attaque aux neurones et les détruit. On aurait dû le baptiser Attila, parce que partout où il passe, tout trépasse, rien ne repousse. A part freiner sa course, la meute de médecins spécialisés ne sont toujours pas outillés pour réparer les dégâts. Mon cerveau c'est un peu comme le PC d'un ordinateur. Au moins, lui, on peut supprimer le virus et réparer les dégâts.

Alors, pour l'oublier un peu, je passais mon temps à relever des défis. Avec l'aide de ma kiné, j'ai fait des tas d'exercices pour garder le maximum d'autonomie. Mes jambes sont hors service, alors mes bras feront le reste pour compenser. Je suis devenue une virtuose de la course en fauteuil roulant. Je faisais de plus en plus de promenades, toute seule, comme une grande. Ah non ! pas toute seule ! Avec ma petite chienne ! Elle a vite compris comment se comporter. Elle marchait à côté de moi. Un seul hic : il ne fallait pas que quelqu'un vienne trop se pencher au-dessus de ma tête, sinon mon cerbère grognait, montrait les dents et sa brosse à dents. Oui elle hérissait les poils tout le long de son dos. C'était impressionnant. ça l'est toujours. Elle veut bien se calmer quand je donne la permission de s'approcher de moi. Je dois avouer que, même si quelquefois cela me gêne un peu, je me sens bien protégée.

Mon garde du corps faisait quand même une exception pour ma kiné. Elle lui faisait la fête à chacun de ses passages. J'adorais faire des efforts pour empêcher SEP de me gâcher la vie. Mais voilà, mes chevilles ont commencé à enfler. Pas parce que je n'arrêtais pas de me lancer des fleurs, mais "pour de vrai". J'avais de plus en plus envie de dormir. Ce n'était quand même pas à cause de mes séances de gymnastique quotidiennes, ou des pilules, ou .... je ne  sais pas moi ! Je continuais à gonfler de partout, j'étais constamment somnolente. Ma fille, la kiné, enfin tout le monde s'inquiétait, sauf moi, jusqu'au jour où j'ai ouvert les yeux allongée dans un lit à l'hôpital. Je venais d'être victime d'un AVC (Accident Vasculo Cérébral) qui s'est manifesté sous la forme d'une embolie pulmonaire. Il paraît qu'il était temps que j'arrive. C'était arrivé en avril 2010. Mon hospitalisation a duré trois mois. Depuis, l'hôpital est devenu ma résidence secondaire. J'y ai établi mes quartiers pendant trois ans, parce que ce fichu AVC m'avait complètement paralysée. Je me souviens d'avoir beaucoup souffert physiquement et encore plus moralement. Je ne pouvais même plus manger toute seule.

Si à ce jour, je peux retourner me balader avec ma chienne, je le dois à ma kiné qui ne m'a pas ménagée, à ma petite dernière qui m'a beaucoup aimée (ses soeurs aussi), à ma fidèle Cana qui est toujours restée à mes côtés. A nous tous, on a réussi à chasser cet intrus. Il a résisté pendant deux ans, mais on l'a bien eu. Et oui, tant pis pour toi, SEP, finie la rigolade ! Ton compagnon de jeux est parti et ne reviendra plus, foi de Mamounette !

Je recommence à vivre. Je suis heureuse de me réveiller le matin, de réussir à me propulser dans mon fauteuil de plus en plus facilement, de recommencer à pouvoir manger toute seule (sans l'aide de personne). Bref, à vivre normalement comme tout le monde.

Et oui LA VIE EST BELLE !

                                                        

                                            

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