Il me faut tout d'abord parler de ma petite chienne. Elle ne me quitte pas d'une semelle. Elle est entrée dans ma vie tout au début de ma maladie. Personne ne voulait d'elle. Elle avait été abandonnée. (si on avait pu en faire autant avec SEP, et non, manque de chance). Elle a été trouvée attachée au pied d'un arbre, pendant ma promenade au bois de Vincennes. Elle ne payait pas de mine.  Je devais la garder provisoirement dans le but de lui trouver un bon maître. Ce provisoire dure depuis plus de cinq ans.

Je ne regrette pas de l'avoir gardée. Quand j'ai le moral en berne, je lui raconte mes malheurs. Elle me regarde, ne me coupe pas la parole, colle sa truffe sur ma main, et voilà, je me sens mieux.

Elle veille au grain, surtout quand l'auxiliaire de vie, l'infirmière, la kiné viennent. Il n'y a pas intérêt qu'elles me parlent trop fort, fassent des gestes brusques. Ma rebelle de Cana montre ses crocs (des crocs d'un Jack Russel ça fait peur !), gronde. Elle hérisse ses poils (elle sort sa brosse à dents, quoi !). Elle ferait presque peur à voir. Là, je me sens protégée.

Elle marche fièrement à mes côtés quand l'auxiliaire de vie m'accompagne durant mes sorties. Je ne suis pas très habile quand il faut traverser la chaussée, parce que peu d'endroits sont adaptés pour les promeneurs en fauteuil roulant. Elle a appris à ouvrir les portes quand je dois me déplacer dans l'appartement. Et surtout me câliner dans mes moments de vague-à-l'âme.

Je l'adore et elle me le rend bien.