J'ai reçu à la fin du mois de mars un courrier de la MDPH qui m'informait que, dès le 1° avril, je ne bénéficierais plus des droits d'aide à la personne. Pourtant, j'avais bien retourné tous les documents en temps voulu. Malgré mes appels, la décision est tombée comme un couperet. Finies les interventions des aides à domicile, auxiliaires de vie ! Malgré la date, un 1° avril, ce n'était pas une blague ou alors une mauvaise blague.

Non, ce n'était pas une bonne journée sur le coup. Je me demandais comment j'allais me débrouiller. J'avais perdu l'habitude de tout faire par moi-même. C'est un peu normal, parce que les services sociaux avaient décidé qu'il fallait absolument que quelqu'un soit à mes côtés pour m'aider. Je pensais que c'était une bonne chose pour moi et j'avais accepté de signer un contrat valable de juillet 2010 jusque fin mars 2013. Ainsi, tous les matins, une dame venait pour me seconder dans toutes les tâches quotidiennes. Je la respectais, car avant d'avoir été terrassée par SEP, j'avais pour mission de me rendre chez des personnes malades, souvent atteintes par la maladie d'Alzheimer, pour les soigner, veiller à ce qu'elles prennent bien leurs médicaments, qu'elles n'oublient pas de manger le repas que je leur avais préparé, rendre leur maison plus agréable à vivre, faire en sorte que les membres de leur famille soient "soulagés" du poids qui pesait sur leurs épaules. Parce que c'est vrai, ce n'est pas facile d'appréhender ce genre de problème. J'aimais bien ce que je faisais.

Tout ça pour dire pourquoi je respectais la personne qui venait chez moi quotidiennement. Même si souvent j'avais tendance à déprimer. Surtout que mes filles rechignaient à venir me rendre visite. Je leur avais demandé pourquoi et elles m'ont avoué qu'elles se sentaient gênées. Elles n'osaient plus me parler ouvertement devant elle. Je dois avouer que ce n'était pas toujours possible de parler à bâtons rompus comme avant. De plus, elle ne me laissait pas prendre l'initiative d'essayer de faire quoi que ce soit. Il a fallu que je bataille pour qu'elle me laisse faire ma toilette toute seule. Je n'avais même pas le droit de  sortir mes chiens quand je le souhaitais. ELLE M'AVAIT RENDU DEPENDANTE.

 

Donc, le 1° avril, il a bien fallu que je me prenne en mains. Je doutais de moi, parce que je n'avais jamais eu l'opportunité de prendre seule mes médicaments, de faire le transfert du lit au fauteuil roulant et inversement, sans oublier le ménage, la promenade des chiens ... Ma petite dernière était bien présente, mais quand même, elle a le droit de mener sa vie, la pitchounette !

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C'est ce que je me suis dit ce 1°avril.

 

 

Quand le réveil a sonné, j'ai pris mes médicaments, et sans me tromper s'il vous plaît ! Pour quitter mon lit, j'ai mis en application ce que j'avais appris pendant mon parcours professionnel. Et ça a marché ! Idem pour me rendre

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J'ai même réussi à balayer du haut de mon trône !

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C'est sûr, j'ai galéré et j'ai piqué une bonne suée.

 

Inutile de dire que j'ai passé une bonne nuit.

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Tous les jours, j'ai repoussé un peu plus mes limites et je reconnais avec joie que je suis capable de me débrouiller. Je ne suis plus obligée de river mon oeil sur la pendule. Je peux passer mes journées à ma guise, sans que personne ne m'interdise de faire quoi que ce soit. Je me suis rendue compte que je peux vivre normalement. Bref, JE ME SENS REVIVRE !

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